2025-01-01

JARDINS de mise en scène

Le projet

    

JARDINS favorise la recherche autour d’un projet naissant ou d’une pratique de mise en scène. Il est un dispositif qui réunit un.e metteur.se en scène avec des interprètes lors d'une série d'ateliers. 

Dans un paysage où les projets se préparent souvent seul et très en amont de la rencontre, JARDINS se situe au plus proche de la poussée des idées et de la nécessité du projet. Le dispositif se distingue par sa simplicité, sa flexibilité et son ouverture.

 

Pour les metteur.se.s en scène, les JARDINS sont des temps pour affiner vos désirs, chercher vos moteurs, questionner vos langages, faire et défaire votre pratique. Ouvrir un JARDIN est l’occasion de bénéficier d’une communauté d’interprètes disponibles au moment de votre envie.

Pour les interprètes, participer à un JARDIN est l’occasion de jouer de votre instrument et d’une rencontre avec un.e metteur.se en scène, une pratique, un langage, un univers…

 

Le dispositif s’initie à partir de l’invitation du.de la metteur.se en scène et selon les modalités qu’iel propose. Le format est libre et modulable : il peut s’agir de quelques ateliers hebdomadaires (peut-être, pour accompagner une écriture ou la rédaction d’un projet) ou de quelques journées (peut-être pour lancer un nouveau projet et tester tous azimuts).

 

Modalités

 

Pour les metteur.se.s en scène

 

Pour proposer un JARDIN, envoyez un mail à [email protected], avec (1) votre titre d’atelier et son invitation (2) vos désidérata de dates, durées, nombre de sessions et de participant.e.s (3) votre nom et numéro de téléphone. Nous vous appellerons pour discuter de la mise en place. 

 

Pour les interprètes

 

Nous vous invitons à consulter les propositions en cours et à envoyer un mail à l’artiste porteur.se. Merci (1) d’y introduire brièvement votre pratique/recherche et en quoi vous résonnez avec la proposition de l’artiste (2) de mentionner vos indisponibilités.

Les JARDINS sont ouverts à toutes personnes ayant une pratique professionnelle ; selon le nombre de candidature, il est possible qu’une sélection doive être faite, même si ce n’est pas l’intention.

 

Où, quand, combien

 

Entrelacs offre un relais de communication, de mise en contact et de location de salle. Un regard ou échange sur le travail est envisageable si désiré.

Les ateliers se déroulent à selon l’agenda proposé par l’artiste-porteur.se et les disponibilités de la salle. Le coût est de 15€/heure, à charge des porteur.ses.s de projet. Nous souhaitons que l’atelier reste gratuit pour les interprètes.

Les frais se paient au moment de la réservation de la salle. L’IBAN du compte de l’asbl est : BE91 5230 8130 5576.

 

 

 

 

JARDIN #2

 

ELLE SE LEVE (ex-CUM PANIS) – FRANCOIS BADOUD

Agenda : 23-28 mars 2026 + 1-5 juin 2026

 

« Elle se lève » est une épopée de la fin du monde, un poème dramatique romanesque et futuriste. A l’heure où tout disparaît, deux sœurs survivent sur une île, un paradis étrange et tourmenté, à la nature préservée mais dangereuse. Seule Eden, celle qui ne peut ouïr (ni obéir), en est familière. Sa sœur, Al, préfère s’abriter dans les ruines du vieil hôtel de leurs parents. Lorsque Hans et Johan, deux frères rescapés du monde dévasté, s’échouent sur la plage, l’île devient un refuge et l’enjeu d’une civilisation : tous les espoirs et les possibles sont permis. Après des débuts enchanteurs et des premiers rapprochements, la mousson et le manque de nourriture laissent surgir fractures, emprises et dérives. Hans trahit ; Johan impose règles et plans ; Al perd confiance ; Eden, enceinte, se révolte. Un nouveau cyclone aura le dernier mot. Plus loin, plus tard, sur une plage de la Mer du Nord, Omar, un berger discret de l’île, renaît. Il y rencontre l’Enfant, à qui il raconte la fin du « Vieux Monde ». Ensemble, ils s’interrogent sur notre capacité à changer et le rôle de la mémoire.

En nous plongeant dans leurs désirs de Cité (civilisation) et rapports à la Planète (milieu), la pièce sillonne aveuglements, inégalités et dysfonctionnements contemporains. Elle nous interroge notamment sur notre capacité à habiter un lieu sans le détruire et fait entrevoir, via Eden et l’Enfant, la valeur d’une existence faite d’attention et de ce que nous sommes en train de perdre.

 

JARDIN #1

 

CUM PANIS – FRANCOIS BADOUD

#1 Agenda : 28 janvier 2025 + 4, 11, 18 février + 4, 11 mars de 10h à 12h30.

 

 

Dans le film, l’Enfant joue sur la plage. Soudain, il aperçoit un homme échoué, qui peine à se relever. Quelle est ton histoire ? demande l’Enfant. L’homme parle d’une plage, d’une île... L’Enfant tourne ses yeux vers nous, à la découverte d’un monde inconnu. Sur scène, des acteur·ices se préparent ; et l’histoire prend vie.

Eden s’attèle à de petites constructions : elle apprête le lieu pour la grande arrivée des tortues qui viennent pondre leurs oeufs, l’arribada. Son ami Alk plante des parasols : c’est le travail que le maire du village lui a donné. Quel est le bon usage à faire de la plage ? Parasols ou tortues ? Tout le monde s’en mêle… Eohn l’investisseur, Vald le scientifique, Kate la joggeuse, Omor le berger retardé et même, Chélone la Tortue… L’imbroglio ne cesse de croître et de révéler ses surprises : l’altruiste se fait intéressé, le justicier crée l’injustice, le scientifique devient tyran, le volontaire baisse les bras… on places de barrières pour séparer, des cages… on s’épie, on baise, on boit… et personne n’entend l’alerte lancée par Omor, seul rescapé de la catastrophe, alors qu’il est l’être lent, sensible et fragile, sans cesse dénigré.

 

Cum Panis est un projet issu de plusieurs textes écrits en 2024 et d’un vécu personnel. Sa recherche tourne autour de notre incapacité à être et vivre en compagnon, à manger notre pain avec l’autre. Elle est aussi une analogie à notre inaptitude à réagir ensemble à l’effondrement climatique et écologique en cours. Sa mise en jeu implique une recherche à partir d’observations de comportements contemporains, dont il s’agit de mettre en lumière les contradictions et les limites, avec humour, dérision et finesse. En guise de préambule, je pense à l’écologiste qui accorde une telle importance aux enjeux de la nature qu’il en oublie ses compagnons, au justicier qui nie une grande part de la réalité qu’il juge, à l’égotique obstrué par sa vision, au philosophe enfermé dans son raisonnement et incapable d’accéder à sa colère, à l’opportuniste aux desseins politiques, etc. La comédie devrait frôler avec de nombreux sujets de société - classisme, spécisme, validisme, immigration, etc. – et ainsi créer un rapport au public grinçant à souhait. Mon ambition est de le faire souffrir, de le surprendre, le décontenancer, l’outrager, l’émouvoir, de mettre K.O. ses pensées, de sorte qu’il tombe de ses positions et entrevoit la valeur d’une autre manière d’être au monde. Car en effet, dans une société où peurs, intérêts et calculs dictent trop souvent nos comportements, j’aimerais travailler à en révéler les limites et rappeler la beauté d’une vie simple, plaçant vulnérabilité et réciprocité au centre de notre lien avec le vivant. Cette intention est influencée par mon expérience, ainsi que les pensées Donna Harraway et Isabelle Stengers, notamment.

 

Pour le Jardin #1, j’invite donc des acteur·ices à se plonger dans l’intention de cette recherche. Durant l’atelier, nous nous intéresserons : à débusquer, saisir et mettre en jeu différentes pensées liées à des comportements observés, à tisser un réseau de gouffres -peurs, brèches, failles, limites, aveuglements- chez les personnages ; à dresser des pensées les unes contre les autres et jouer de leurs extrêmes.

Nous ferons cela au moyen de partages d’expériences, idées, références, observations, jugements ; d’improvisations au plateau, de propositions et d’improvisations au plateau.

 

 

JARDINS de mise en scène | Entrelacs